Catégories
Non classé

L’église Notre-Dame, Puy-de-Dôme

« C’est l’une des premières églises où je ne sois jamais entré. J’ai grandi à côté d’elle, et c’est elle qui m’a véritablement donné le goût de l’architecture religieuse. Petit, alors que je suivais le catéchisme, nous nous y rendions parfois étudier sa symbolique et celle des églises en général. C’est surtout ici que je me rendais avec mon père, chaque année, les soirs de Noël pour la messe de minuit. Toute la ville s’y rendait. J’avais parfois l’occasion de lire des psaumes ; et, devant l’assemblée réunie, c’était ma grande tante qui chantait, de sa voix magnifique. J’ai toujours pensé qu’elle aurait pu être cantatrice ! Aujourd’hui, je connais l’édifice par cœur. Telle une sorte de maison spirituelle, j’en connais toutes les pièces, même celles habituellement fermées au public. C’est une église à taille humaine, qui appelle à la solennité tout en demeurant simple, sans beaucoup d’ornements ; un endroit sobre et humble, tout étant joli et chaleureux. C’était à l’origine une église romane, bâtie à la fin du 10ème siècle ; au 19ème siècle, on y ajouta un clocher, en pierre de Volvic, la roche typique de la région. C’est ainsi un ensemble bicolore, qui mêle la pierre blonde de l’architecture romane à la roche de lave noire des ajouts modernes. Cette double nature participe à l’atmosphère accueillante de l’église, plus simple que les églises ou cathédrales gothiques, comme celle de Clermont-Ferrand, mais plus grande et espacée que la plupart des églises romanes. Il est rare de trouver une chapelle romane avec autant de lumière ! J’aime l’atmosphère que cela crée. Finalement, c’est l’une des seules églises où je ne rentre pas pour observer l’art des statues ou des vitraux, comme je le ferais dans une église de Paris ou d’ailleurs ; mais parce je la connais et que je m’y sens bien, et que j’apprécie y passer du temps avec ma famille. »

(Chamalières, Puy-de-Dôme, 63)

Copyright PJ Fontfrède (CC BY-SA 3.0)