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La chapelle Saint-Louis, Charente-Maritime

« Mon intérêt premier est pour les peintures, et j’aime le patrimoine religieux en raison des tableaux qu’on peut y trouver. J’ai l’habitude d’arpenter les rues de la ville, et je connaissais de vue cette chapelle, celle de l’hôpital. Donnant sur une rue passante, elle possède une façade sobre, avec un mur lisse et un portail simplement sculpté. Une légende locale veut que la pierre au-dessus du portail, sur laquelle est gravé le blason de France et de Navarre, provienne d’un temple protestant, détruit durant des conflits entre catholiques et protestants, qui se tenait là autrefois. J’avais toujours vu la chapelle fermée ; un jour, en passant devant, je vis la porte entrouverte. Ce fut une révélation. Je pense que c’est véritablement lorsqu’on entre à l’intérieur que l’on comprend qu’il y a là quelque chose d’inhabituel et de formidable. La chapelle recèle un ensemble exceptionnel de tableaux. Nombre sont en mauvais état, mal éclairées et difficilement accessibles, certains ayant probablement été déposés ici suite aux transformations ou destructions d’autres églises, et ainsi réunis sous les coups du hasard dans cette petite chapelle. En arpentant l’édifice désert, j’ai découvert des œuvres de peintres originaires de la région, adaptant des sujets traditionnels au goût local : un tableau représentant la Foi dominant le port de la ville, un autre signé par un peintre de la marine… L’ancienne tribune de bois dissimule le plus remarquable : une immense toile sombre, pratiquement invisible d’en bas. J’ai toujours été intrigué par les questions de provenance – pour quels bâtiments de la ville ces tableaux étaient-ils destinés ? – et je pense que celui-ci pourrait avoir appartenu à un ancien réfectoire de la ville. Je suis souvent retourné à la chapelle depuis, lorsque je me pose une question sur une peinture ou que je souhaite vérifier n’avoir pas raté de détail. Il n’y a jamais beaucoup de monde, ni qui entre dans la chapelle ni qui en remarque les tableaux ; mais je sais que, lorsqu’on s’y intéressera, on découvrira des choses fascinantes. »

(La Rochelle, Charente-Maritime, 17)