Catégories
Non classé

Le château de Kerglaw – la médiathèque Diderot, Morbihan

« C’est un endroit où j’allais quotidiennement lire dans mon enfance. Un jour, j’ai eu l’opportunité d’y prendre un emploi saisonnier. Ce fait-là, de passer de l’autre côté, dans les coulisses, m’a permis de découvrir l’histoire du lieu, que j’ignorais petit. En 1860, deux frères, deux ingénieurs, implantèrent un établissement sidérurgique afin de répondre aux besoins en fer blanc, notamment pour les conserveries qui se développaient sur le littoral. Cet endroit précis, près d’un fleuve, leur permettait d’acheminer les matériaux jusqu’à la mer. La longue histoire des Forges, qui dura un siècle, eu un impact profond sur la commune, son économie et sa démographie ; des paysans devinrent ouvriers, des ouvriers migrèrent vers la Bretagne. Plusieurs usines furent construites, ainsi que des cités ouvrières et de grandes demeures. La médiathèque, alors appelée le Château de Kerglaw, était la demeure des deux frères. C’est une grande bâtisse en pierre peinte en rose qui, du haut de la vallée, surplombait les usines. Avec sa forme rectangulaire et ses deux étages, elle démontrait un certain statut social. Aujourd’hui l’intérieur a peu changé ; on retrouve les pièces, les escaliers, le parquet d’époque et les grandes fenêtres. Près de l’accueil est l’ancienne cuisine, tandis que le salon d’apparat accueille désormais les expositions de dessinateurs, d’auteurs de bandes-dessinées et d’artistes. Je trouve que d’en faire un espace culturel, qui accueille du monde, est une belle manière de réutiliser l’endroit ! Lorsque j’y travaillais, des visiteurs entraient souvent sans connaître la fonction du lieu, intrigués par la grande bâtisse aux murs colorés. Puisqu’il n’y a pas de panneau l’expliquant, c’est moi qui leur apprenais l’histoire du lieu. À mes yeux, la valeur de cette médiathèque n’est pas seulement fonctionnelle mais aussi patrimoniale : de la sidérurgie à la bande-dessinée, du patrimoine industriel au patrimoine immatériel, c’est l’histoire et la mémoire de la commune qu’elle raconte ! »

(Inzinzac-Lochrist, Morbihan, 56)