« J’ai découvert ce lieu par hasard. J’apercevais toujours sur la route un panneau mentionnant ‘l’École de Barbizon’ et cela m’intriguait ; alors, l’année dernière, j’y suis allée. Ce village, aussi appelé ‘le village des peintres’, accueillait de nombreux paysagistes. Dans ce lieu limitrophe de la forêt de Fontainebleau, ils espéraient sans doute peindre la campagne et la forêt tout en échappant à la grisaille parisienne. Je pense que c’est encore ce qui attire, aujourd’hui, touristes et parisiens : le cadre bucolique du village, entremêlant art et nature, offre une chance de se ressourcer. Les peintres se rendaient souvent à l’auberge Ganne, où se trouvait aussi une ancienne épicerie. C’est un bâtiment de pierres avec des volets, recouvert de verdure ; il est très beau. L’intérieur est peu modifié ; on y retrouve l’atmosphère de l’auberge de l’époque, avec ses objets, ses meubles, et sa table qui semble presque prête à ce qu’on vienne s’y asseoir. Certains artistes peignaient directement sur les murs de l’auberge, des portraits et des paysages qui sont toujours visibles aujourd’hui. C’est ce qui me plaît dans ce lieu : on y ressent l’histoire, un peu comme un bond dans le passé, et en même temps c’est l’esprit d’une maison où l’on se sent chez soi. Ça m’a marquée. À l’étage sont aussi exposées de jolies peintures évoquant le village et ses habitants, ses agriculteurs et ses passants. Normalement, dans les musées, on voit des peintures de tout ; mais ici, les peintures sont très locales – au point d’être parfois peintes sur les murs-mêmes. Elles permettent de découvrir la vie d’avant et de comprendre celle d’aujourd’hui ; je trouve ça génial. Ça m’a touchée, cette relation particulière entre le musée et les habitants du village ; je n’ai jamais vu ça ailleurs en France – et pourtant j’en ai vu des musées ! J’ai découvert ici de nombreux peintres que je ne connaissais pas – dont certains comptent, aujourd’hui, parmi mes préférés. »

(Barbizon, Seine-et-Marne, 77)