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Le manoir des Tourneurs, Calvados

« Ce lieu est pour moi une parenthèse. Je quitte Paris, et l’homme qui arrive ici n’est plus le même. C’est un endroit rempli d’ondes positives, propice à la contemplation, au bonheur. C’est un manoir du XVIIe siècle, magnifique, qui surplombe la vallée. Même avant d’y habiter, je l’apercevais parfois, au loin, au fond du panorama. Son architecture m’avait frappé comme étant belle et originale, avec sa façade à silex avec des briques rouges, et sa façade à colombages à tuiles plates. Le manoir est entouré d’un grand rideau de sapins multi-centenaires, dans un parc où l’on croise chevreuils, lièvres, renards et faisans. Dans un silence absolu, on y est comme en lévitation sur terre. Cela faisait quatre ans que je le possédais ; j’y ai passé les mois du premier confinement, et j’ai songé que c’était incroyable que personne d’autre que moi ne puisse profiter d’un endroit si beau. Alors j’ai décidé de le partager, en ouvrant une activité de chambre d’hôte. C’est pour moi une façon de s’inscrire dans une continuité. La tradition française, d’abord : j’aime l’art de vivre à la française, et je dresse pour mes invités une table à la hauteur des lieux. C’est aussi la tradition du terroir normand, celle de la culture des pommes et de leur utilisation comme aliment ou boisson – jus, cidre, calva. Le manoir se mêle à cette tradition, comme en témoigne le joli pressoir du XVIIe siècle qui se dresse dans la cour. C’est probablement là qu’est né le nom du lieu : les tourneurs étaient les travailleurs qui, avec des ânes ou des chevaux, faisaient tourner le pressoir. Aujourd’hui, je confectionne des produits cosmétiques naturels à base d’huile essentielle de pommes, et j’anime auprès des invités des ateliers transmettant ce savoir-faire. C’est un joli clin d’œil à cet héritage ! J’aime le fait d’être moderne tout en restant fidèle à l’esprit du lieu. Cela fait 350 ans que le manoir existe, et il vivra 350 années encore ; et, chaque fois que je rentre chez moi, je ressens de la joie et de la fierté à l’idée que je suis un passeur. »

(Val-de-Vie, Calvados, 14)