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La cathédrale Saint-Etienne, Cher

« J’aime cette cathédrale pour son architecture qui embrasse deux époques différentes, mi-gothique mi-romane. Sa silhouette est asymétrique : ses deux tours sont inégales, l’une n’ayant jamais reçu la cloche qui lui était destinée et ayant été renforcée par un contrefort. Cela me fascine, que des hommes soient parvenus à élever, il y a si longtemps, cette cathédrale à l’architecture captivante, et qu’elle se dresse toujours, aujourd’hui, devant moi. Lorsqu’on se tient sur le parvis, la cathédrale impressionne par sa stature ; l’étroitesse de l’espace empêchant tout recul, elle échappe aux tentatives de la capter par un appareil photo. Peut-être que l’absence de recul est voulue, car elle renforce son impression d’immensité. J’aime cette proportion que la cathédrale prend. Même à l’extérieur de la ville, autour de Bourges, on l’aperçoit de loin. Lorsqu’on est enfant, on aime rarement visiter les vieux monuments – mais la cathédrale était une exception. Toujours visible, elle était pour moi comme un signal, un point de repère, qui me disait que j’étais près de chez moi. La cathédrale est comme un phare, un lieu de rendez-vous, où les gens se rencontrent. Je m’assieds parfois devant, avec des amis, pour en admirer les cinq portails et les détails sculptés. Il y a, dans un coin, cette empreinte d’une paire de fesses laissée par un tailleur de pierre ; c’est rare, un édifice qu’on admire et qui nous fait rire ! Récemment, alors que je passais près de Bourges sans pouvoir y entrer, j’ai réalisé que j’étais en train de chercher à apercevoir, de loin, la silhouette de la cathédrale. À cause de la pandémie, je n’avais pu la voir depuis longtemps. J’ai compris que j’en avais besoin, besoin de la voir. »

(Bourges, Cher, 18)

Copyright : Pierre Rouane (CC BY-NC-SA 2.0 FR)

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