« Moi, plus que contempler, j’aime faire. Je suis un actif. D’abord enseignant en génie climatique, j’ai travaillé dans le conseil en architecture et en restauration du bâti rural. J’ai appris en autodidacte, montant ma propre société. Les grands de ce monde m’embauchaient pour restaurer les propriétés anciennes qu’ils acquéraient… Je crois que, à l’approche de la retraite, j’ai peut-être eu peur de m’ennuyer ! Sur internet, je suis tombé sur une annonce pour le bail de cette forteresse – et la passion m’a gagné. Au début, c’était une véritable brousse ; quand je suis venu ici pour la première fois, avec l’agent immobilier, nous devions frayer notre chemin dans le château à la serpe ! Mais c’était magique. Ce château était abandonné depuis 350 ans, et il n’a jamais fait l’objet de fouilles : tout est à faire. Lorsqu’on arrache une souche on découvre parfois, dissimulée, une céramique ; c’est merveilleux. J’aime le fait que son histoire soit encore à découvrir, à compléter, et j’espère qu’un jour des archéologues étudieront l’endroit et feront avancer l’histoire. D’ici-là, j’y travaille toutes les semaines. C’est un labeur immense : puisqu’il y a des éboulis partout, et que le site est classé, nous faisons tout à la main, sans engin. Certaines parties remontent au XIIIe siècle, quand le château fut bâti par les comtes de Toulouse, avant de passer aux mains de la papauté. Plus tard, alors que l’empereur Charles Quint avait des vues sur la Provence, le château fut transformé en forteresse. En 1501, un pape Borgia le céda à une famille, les Maynier. Ce sont eux qui, sur l’ordre de François Ier en 1545, chassèrent les Vaudois de la région en les massacrant. La famille des Maynier fut honnie, et la forteresse abandonnée. Elle devint une carrière de pierres pour les habitants locaux, puis l’aire de jeux des enfants du pays. Aujourd’hui, le château est toujours un lieu de lien social, de rencontres. Je pensais que je serais seul dans ce projet, mais je suis entouré d’un noyau très fidèle. Je ne m’y attendais pas ; c’est très humain. »

– Jean-Jacques, 67 ans, conseiller en restauration du bâti

Forteresse d’Oppède-le-Vieux, 120 Rue du Chapitre, 84580 Oppède, Vaucluse
Copyright : Association de sauvegarde de la forteresse d’Oppède

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