Le port du Canal

C’est quoi ? Un port fluvial autrefois utilisé pour le commerce à Dijon.

Ça date de quand ? XIXe siècle

Où le trouver ? Place du 1er Mai, 21000 Dijon, Côte-d’Or

L’histoire de Sam

« C’est quand tu m’as invité à y réfléchir que je l’ai réalisé : le Port du Canal est le lieu que je connais depuis toujours. Enfant, cet ancien port fluvial de commerce était le lieu de mes jeux d’enfants, des pistolets à bille, des baignades interdites et des moments entre amis. Il était au cœur de mon quotidien : mes amis habitaient autour, mon père travaillait non loin, je passais devant tous les jours. Et puis, pendant quelques années, la vie d’adulte se met en place et tu l’oublies ; mais j’y suis revenu, et depuis ma vie gravite à nouveau autour. J’ai emmené mon fils à la crèche ici, je travaille en face et, depuis la fenêtre de mon bureau, je vois le soleil se coucher sur le port.

De Dijon, c’est le patrimoine du centre-ville qui attire les touristes et qu’on croise en versions déclinées sur Instagram. Mais on est chanceux d’avoir un port, et c’est un lieu reconnu des habitants. Les enfants y jouent, les associations culturelles et sociales le font vivre. Un bar s’est installé sur une péniche, des guinguettes sur l’esplanade. On y dîne, on y boit, on y danse, on y écoute des concerts. Tous les ans, il prend vie autour de la Fête du Port du Canal et ses feux d’artifice. Pendant le confinement, avec la règle du 1 kilomètre, le port est devenu le lieu de rendez-vous des habitants du quartier. Et puis il fait partie du patrimoine, cet ancien port du XIXe siècle, avec son obélisque égyptienne qui l’identifie aux yeux de tous, et son île aux oiseaux au milieu, inaccessible et préservée.

Depuis quelques années, la photographie joue un rôle-clé dans ma redécouverte du port. Mon appareil à la main, j’ai quadrillé le port, attrapant les reflets des bateaux, la brume sur les ponts, l’obélisque au soleil couchant. Grâce à la photo, je ne traverse plus le Port du Canal de la même façon : elle me fait remarquer les perspectives, les détails, les jeux de lumière. Elle m’a donné une autre vision du lieu. »

Sam, 42 ans, coordinateur d’actions événementielles