L’ancienne pâtisserie Maison Rozier

Le patrimoine : Dans le Massif Central, une pâtisserie exploitée par la famille Rozier à partir de 1907 sous le nom de « Thé du Boulevard », réhabilitée à partir de 1919 par l’architecte clermontois Louis Jarrier, qui en fit une pâtisserie d’architecture Art Déco et un salon de thé dansant, exploité à partir de 1922.

Le territoire : Puy-de-Dôme, La Bourboule – 225 Bd Georges Clemenceau, 63150

L’habitant qui vous en parle : Serge Teillot, 71 ans, né en 1950 à La Tour d’Auvergne, ancien avocat et maire de La Bourboule (1989-2001), actuel propriétaire de la Maison Rozier.

L’histoire de Serge

« Je me souviens encore de son classement aux Monuments Historiques, mais j’ignorais alors qu’elle m’appartiendrait un jour.

La pâtisserie a toujours appartenu à la même famille : les Rozier. Après avoir géré une boulangerie ailleurs dans la ville, François et Marie achetèrent cette bâtisse sur le boulevard. Vint la Première guerre mondiale, le projet fut arrêté, le père mourut, et la mère, sa fille et ses deux fils prirent le relai. Avec Louis Jarrier, l’architecte renommé des villes thermales, ils en firent une pâtisserie Art Déco et un salon de thé dansant, avec une loggia pour l’orchestre à l’étage. Mais, lors de la Seconde guerre mondiale, les deux frères et leur neveu furent arrêtés par la Gestapo ; les deux premiers furent fusillés, le troisième déporté. Après cet épisode tragique, la pâtisserie périclita, et dès les années 1950, cessa d’être entretenue.

C’est l’époque à laquelle je suis né, non loin d’ici, sur le plateau de Charlannes où mes parents géraient une exploitation agricole. En tant qu’avocat, je connaissais bien les propriétaires de la Maison Rozier et, en tant que maire de La Bourboule, chargé de la gestion du patrimoine architectural de la commune, l’ancienne pâtisserie m’intéressait aussi. Quand son dernier propriétaire décéda, le notaire m’apprit que j’étais, en l’absence d’héritier, légataire de la Maison Rozier..

Après réflexion, j’acceptai, avec le projet de restaurer l’ancienne pâtisserie dans son état des années 1920. Cela implique de restaurer les mosaïques, les chaises canées d’époque et le mobilier de style néo-Louis XVI, et j’ai déniché un artisan qui refait les papiers peints avec les techniques d’époque. Je souhaite aussi développer une activité économique, pour faire vivre le lieu de façon pérenne : j’ai songé aux fromages AOP. Ayant pratiqué le droit rural en tant qu’avocat, je connaissais le secteur, qui fait partie du patrimoine d’Auvergne !

La Maison Rozier est un lieu important à La Bourboule. Je l’ai compris quand j’ai vidé la bâtisse pour dresser l’inventaire des biens : les passants s’arrêtaient, curieux. Le musée que j’y développe retracera l’histoire des Rozier. Je dois la raconter, en signe de reconnaissance envers cette famille qui si longtemps vécu là. »

– Serge

Serge à l’extérieur de la Maison Rozier.

Pour en savoir plus

Mission Bern : L’action de préservation du patrimoine de la Maison Rozier fait l’objet de nombreux soutiens. Vous pouvez en lire plus, sur l’histoire de la pâtisserie et sur les actions de restauration, sur le site de la Fondation du Patrimoine – Mission Bern :