“Le plus important c’est qu’elles ont été construites par des habitants du village.”

Alain


Les arènes Jean Bartherotte

Le patrimoine : Les Arènes Jean Bartherotte (d’après le nom d’un grand tauromache local, fusillé le 3 juillet 1944), ont été construites au début du XXe siècle. Elles sont inscrites sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1994.

Le territoire : Elles sont situées au centre d’Estang, dans le Gers (32 240), près du lavoir et du pesquet (petit étang avec un jet d’eau) du village.

L’habitant qui vous en parle : Alain, guide bénévole aux arènes pour la Fédération française de la Course Landaise.

L’histoire d’Alain

« L’importance des arènes a toujours été présente dans mon esprit. Les arènes ont bercé toute ma jeunesse, et cela a continué alors que je m’occupais du comité des fêtes d’Estang. Je me rends dans ces arènes depuis tout petit parce que mes parents assistaient aux courses et, étant commerçants, ils donnaient des primes. Les deux mille places des arènes étaient alors pleines. A l’époque, on y faisait aussi les fêtes scolaires !

Depuis 1837 au moins, on organisait des courses landaises à Estang en constituant une enceinte à l’aide de charrettes. Puisqu’il y avait de nombreux amateurs de course dans le village, les habitants ont décidé de construire des arènes. Aidé par les familles Dubos, Labassa, Rande, Dupuy, Barbe, qui donnèrent soit du bois soit de l’argent, Jean Bartherotte a coordonné ce chantier colossal. Ils ont commencé par les loges* en 1901. La partie Est a été ajoutée entre 1913 et 1921, avec une interruption lors de la guerre bien-sûr. Les arènes ont été terminées en 1928 après l’ajout des parties Nord et Sud ; elles avaient l’aspect qu’elles ont aujourd’hui. A l’exception près, dans les années 1970, on a rajouté au-dessus de la présidence* quelques rangées de gradins.

Aujourd’hui, les arènes sont devenues un monument incontournable dans le village. Il s’y est toujours déroulé de belles courses landaises, notamment avec le troupeau Labat, avec les écarteurs* Ramuncho et Ramuntchit. Des années 1960 jusqu’aux années 1980, les arènes ont accueilli des spectacles de variétés. Décorées avec des bambous, les loges servaient pour les artistes. Nous avions la chance d’avoir à Estang un peintre, Pierre Pradère, qui adaptait les décors scéniques à l’artiste venu chanter. C’est lui également qui a réalisé le blason des arènes : il représente un écarteur en train de faire un écart. 

L’un de mes très bons souvenirs, ici, est lorsque nous avons organisé un concert acoustique avec Graeme Allwright. Le groupe avait été hébergé par les habitants du village. Avec des musiciens malgaches, il chantait des reprises de Bob Dylan, pieds nus, dans les arènes. » 

Ecarteurs : sportifs qui font exclusivement des écarts, c’est-à-dire qu’ils évitent la vache au moment où elle arrive sur eux. Il existe également la catégorie des sauteurs qui exécutent plusieurs sauts au-dessus de la vache.
Présidence : où on trouve le speaker (sorte de commentateur), les pointeurs (donnent les points aux vaches, aux écarteurs et aux sauteurs), ainsi que les invités qui donnent des primes. La présidence des arènes d’Estang se situe entre les deux drapeaux tricolores.
Loges : les “boxs” des vaches en attente de rentrer dans les arènes. Les loges des arènes d’Estang se situent en-dessous des gradins de la partie Ouest.

– Alain

En savoir plus

Le patrimoine des arènes : Si vous souhaitez en apprendre davantage sur les arènes d’Estang, et sur l’histoire de la course landaise en général, suivez cette page dédiée, qui relaie les rimes d’un conteur gascon :

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Rencontrer Alain et les arènes : Visitez les arènes gratuitement en compagnie d’Alain, un dimanche par mois, de mai à septembre et pour les Journées européennes du Patrimoine. Si cela vous intéresse, contactez la Fédération française de Courses Landaises ou la mairie d’Estang.