On réalise que le temps passe. Un jour, un monsieur que j’avais soigné lorsqu’il était adolescent est revenu aux thermes, marié, et m’a présenté son enfant qui bénéficiait de soins à son tour. Ça m’a fait drôle !

Marie-Jo


Les thermes de Saint-Honoré-les-Bains

Le patrimoine : Des thermes de la Belle-Epoque, inaugurés en 1855, développés par la famille d’Espeuilles, puis modernisés en 1907. L’architecture est marquée par un hall monumental surplombé d’un dôme et deux niveaux d’arcades, ornés de mosaïques de l’artiste italien Pietro Favret.

Le territoire : En Bourgogne, dans la Nièvre, à Saint-Honoré-les-Bains, un village qui possède plusieurs sources minérales provenant de failles granitiques sur le Mont Beuvray, et où les Romains avaient déjà construit des thermes du temps où la cité s’appelait Aquae Nisinaei.

L’habitante qui vous en parle : Marie-Jo, responsable des soins des thermes de Saint-Honoré-les-Bains

L’histoire de Marie-Jo

« Moi qui suis une personne très naturelle, je trouve qu’il n’y a rien de plus naturel que ce lieu, entre l’eau thermale et la beauté du parc verdoyant. J’ai toujours aimé les thermes de Saint-Honoré-les-Bains, avec leurs sources, les mosaïques du grand hall et la vue sur le parc thermal. Quand j’avais 18 ans, j’ai commencé à travailler dans une maison d’enfants. On y accueillait des enfants souffrant d’affections respiratoires et dont les parents ne pouvaient pas rester pendant la durée de leur cure. Je me souviens des mamans soucieuses, lassées des hospitalisations, des mises sous oxygène à répétition, qui venaient ici tenter une autre thérapie, au grand air. Après les soins du matin, on jouait dans le parc thermal avec les enfants, l’après-midi ; on se promenait, on jouait à la pétanque avec les adolescents, et le soir on faisait les devoirs et on lisait des histoires.

Et puis la maison d’enfants a cessé son activité. Comme j’aimais les soins thermaux et que j’étais curieuse, j’ai postulé aux thermes. J’y ai découvert l’hydrothérapie, cela m’a fascinée – alors j’ai appris à dispenser les soins, et j’ai obtenu une certification professionnelle. J’aime apporter du bien-être aux curistes. Lorsqu’ils arrivent, ils sont parfois stressés ou hésitants ; lorsqu’ils repartent, ils ne sont plus les mêmes personnes ! Le relationnel est la chose que je préfère ici ; je me sens bien, avec les curistes. Si j’observe que l’un d’entre eux va mal, j’ai à cœur de lui parler pour savoir comment m’améliorer. Je leur apporte un peu, je crois, et en retour ils me donnent beaucoup. Ainsi, même si mon domicile se trouve à 25 kilomètres, c’est à Saint-Honoré-les-Bains que je me sens chez moi.

Ces thermes ont un passé. J’aurais aimé vivre à la Belle-Époque, cette époque précédant la Sécurité Sociale où la cure thermale était réservée aux gens aisés. On m’a raconté des histoires, et j’imagine les dames vêtues de belles robes avec des ombrelles se promenant dans le parc, les hôtels magnifiques, les chevaux, les diligences – ce devait être grandiose !

Puis on réalise que le temps passe vite. Un jour, un monsieur que j’avais soigné lorsqu’il était adolescent est revenu aux thermes, marié, et m’a présenté son enfant qui bénéficiait des soins à son tour. Ça m’a fait drôle ! Aujourd’hui, je souhaite transmettre mes connaissances sur la médecine thermale. Je crois avoir atteint mon objectif, je connais ces thermes, j’ai exploré le terrain dans sa totalité – alors maintenant, je souhaite former les jeunes soignants, leur transmettre ce savoir-faire. Moi qui aime aller de l’avant, je pense qu’on peut toujours avancer et avoir des idées nouvelles – et c’est ce que je tâcherai de faire ici. »

– Marie-Jo


En savoir plus

L’histoire de Saint-Honoré-les-Bains : Si vous souhaitez en lire davantage sur le développement d’une cité thermale bourguignonne, de l’Antiquité à la Belle-Epoque, c’est par ici :

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