Quand les pierres parent la guerre

Les guerres qu’ont vécues nos ancêtres ont marqué nos paysages tout autant que nos livres d’histoire. Les conflits ont laissé derrière eux des bâtiments inusités – fortifications, remparts, donjons, bastions, bunkers. La paix, elle aussi, laisse derrière elle un patrimoine bâti, des monuments chargés d’un poids qui, des arcs de triomphes aux monuments aux morts, s’assurent qu’on n’oublie pas.

Remparts des villes

Où le patrimoine protège les habitants


C’est dans ce bastion imprenable que Marie Mancini, l’amour interdit de Louis XIV, fut exilée : Brouage n’était pas un coin agréable ! Pourtant, c’est aujourd’hui un lieu charmant ; quand d’autres se promènent dans des parcs ou des châteaux, les Rochelais aiment se balader dans cette ville fortifiée. Durant mon enfance, les remparts recouverts d’herbes offraient un terrain de jeux et d’escalades merveilleux.

Agathe, Brouage (Charente-Maritime)


Les remparts de Semur-en-Auxois

« Les tours font partie du paysage de la ville. Dominant la vallée et la rivière, elles faisaient autrefois partie des remparts du château-fort ; avec leurs courtines, elles constituaient un donjon bâti au cœur de la ville, dont elles délimitent aujourd’hui la partie ancienne. »

La ville fortifiée de Brouage

« De premier abord, c’est un lieu austère. Cette ville fortifiée est ceinte d’épais remparts de pierre qui n’offrent qu’un unique point d’accès, par une ancienne porte. Enfant, j’avais le souvenir d’un bastion imposant à l’architecture particulière. »

La tour de rempart

« Alors j’ai continué à chercher. J’allais souvent visiter ma sœur à Paris ; un jour, à la FNAC des Halles, j’ai reconnu dans une encyclopédie le plan exact de ma tour, que j’avais mémorisé. Elle était décrite comme une tour wisigothe, du 5ème siècle ! C’était à la fois extraordinaire et réconfortant. »

Monuments de gloire

Où le patrimoine célèbre la victoire militaire


Au XVIIe siècle, on éleva cet arc en l’honneur de victoires militaires de Louis XIV. Je trouve cela essentiel : ça nous rappelle que, malgré notre époque de paix, notre pays s’est construit grâce à ceux qui se sont sacrifiés pour notre liberté. L’humain a tendance à prendre les choses pour acquises, à oublier l’histoire qui nous a fait arriver là. 

Amandine, Paris


La porte Saint-Denis

« La porte Saint-Denis est l’un de ces monuments oubliés ; on ne peut la visiter, et beaucoup y passent sans la regarder. Je trouve ça triste. C’est pourtant incroyable, de songer à tout ce qu’elle a vécu pour parvenir jusqu’à nous,  tout ce qui a évolué autour d’elle, la ville, les modes de vie. »

La porte Cailhau

« Elle a été édifiée vers 1495 au moment de la victoire de Charles VIII à Fornoue. Un détail me plaît : une tourelle représente la France qui écrase un lion représentant l’Angleterre. Les détails comme celui-ci rendent la porte accessible, et font travailler l’imagination et la curiosité. 

La flamme d’Ambronay

« C’est un colonel qui est venu en clore les portes ; il avait un respect pour l’Histoire, et voulait le fermer dignement. Il nous a offert la flamme qui était à l’entrée du camp, un monument qui avait été construit par les ouvriers eux-mêmes. Elle se dresse aujourd’hui à l’entrée du village ; je crois que ça l’a rendu heureux. »

Bastions & places fortes

Où le patrimoine est le siège de l’armée


 Dans le Nord, le patrimoine contemporain est important. Dans cette région au relief plat qui subit de multiples invasions, nombre d’édifices du Moyen-Âge et de la Renaissance furent détruits. Nous héritons ainsi d’un patrimoine récent, industriel ou militaire, plus important qu’ailleurs ; quand peu s’y intéressent, ce patrimoine nous touche ici davantage, part intégrante de notre identité. Je suis imprégné de ça, de l’histoire militaire de ma région.

Théo, Wambrechies (Nord)


Le fort du Vert Galant

« On construisit ainsi une ceinture d’ouvrages fortifiés autour de Lille pour la défendre de potentiels assauts prussiens. Ce fort-ci était un ouvrage important, dont la construction nécessita trois millions de briques ! »

La forteresse d’Oppède

« Certaines parties remontent au XIIIe siècle, quand le château fut bâti par les comtes de Toulouse, avant de passer aux mains de la papauté. Plus tard, alors que l’empereur Charles Quint avait des vues sur la Provence, le château fut transformé en forteresse. »

Le château-fort d’Ambérieux

« Il y avait autrefois un château médiéval au centre du bourg, construit au 14ème siècle. La région faisait partie du Saint-Empire-Romain-Germanique, et était contrôlée par le Comte de Savoie. Le royaume de France y faisait souvent des incursions, et une famille y résistait. »

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