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La colonne romaine de Cussy-la-Colonne, Côte-d’Or

« Depuis le village, on ne l’aperçoit pas au premier coup d’œil. Il faut vraiment la connaître pour la dénicher, dissimulée au bout d’un chemin de terre accidenté. Je suis tombé sur cette colonne romaine par hasard, il y a quelques années, alors que j’explorais les environs avec ma compagne en quête de curiosités. L’atmosphère était romantique ; dans un paisible paysage d’été, quelques chapiteaux reposaient au sol dans un écrin de verdure. J’avais l’impression d’être dans les années 1830, de découvrir la passion de la ruine ! J’ai été charmé par le lieu, charmé par la découverte – une colonne, romaine en plus ! Malgré une passion plutôt axée sur la Bourgogne médiévale, je suis tombé sous le charme de ce morceau de l’histoire antique du territoire. Bâtie au IIe ou IIIe siècle, la colonne bordait peut-être une route menant à Augustodunum, aujourd’hui Autun. Il est en vérité difficile de faire la lumière sur son contexte de création exact. À travers son histoire millénaire, la silhouette du monument a servi de repère aux habitants locaux, tout comme les calvaires pouvaient l’être. C’est un lieu que j’aime, où je me rends souvent. Je prends la voiture depuis Beaune pour y venir, je m’assieds près de la colonne et j’y reste quelques temps. À force de l’observer, je la connais sous tous les angles. Je lis parfois, pas toujours – c’est pour moi surtout un lieu d’imagination, de contemplation du paysage et de l’Histoire. Paris me fatigue beaucoup, j’y suis toujours trop pressé ; alors la Bourgogne est un lieu de pause, la terre familiale. J’ai trouvé un jour une vieille carte postale sur laquelle un homme fait une sieste au pied de la colonne. Elle correspond bien à l’idée que j’ai du lieu, comme d’un écrin de repos. En y réfléchissant bien, je ne connais pas vraiment d’autre endroit qui me fait cet effet-là. »

(Cussy-la-Colonne, Côte-d’Or, 21)

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Le lavoir à charbon des Chavannes, Saône-et-Loire

« Je suis née ici ; petite, je m’interrogeais souvent au sujet de cette construction mystérieuse qui se tient entre le canal et la forêt, et que j’aperçois presque depuis chez moi. Mes parents savaient sans vraiment savoir, et n’ont jamais pu m’expliquer. Il s’agit d’un lavoir à charbon – le plus grand d’Europe ! ; dans cette ville minière, il rassemblait des machines qui lavaient le charbon pout en ôter les particules non-combustibles et ne conserver que le charbon pur. Cet édifice est emblématique de l’histoire de la ville, pour laquelle l’exploitation minière fut fondatrice : sans les mines, la région ne se serait pas développée, et notre ville n’aurait pas été fondée. Elle s’appelle d’ailleurs ‘Montceau-les-Mines’ ! Pourtant, le lavoir tombe aujourd’hui en ruines. Rempli d’amiante, il est si imposant qu’on ne sait comment le réutiliser. Petit à petit, la ville s’éloigne de son héritage minier, préférant ‘aller de l’avant’. Pourtant, les anciens mineurs sont toujours là, leurs familles aussi, attachées à ce pan de l’histoire. Cela me fend le cœur, que ce témoignage se perde et que l’histoire des mineurs s’efface. Quand ils disparaîtront, il n’y aura plus personne pour s’occuper du lavoir à charbon ni pour parler de ce qu’ils ont bâti, de ce qu’ils ont enduré. Ce sera presque alors comme s’ils avaient fait tout ça pour rien ; qu’ils n’avaient pas compté. Les traces de l’histoire minière sont omniprésentes dans la ville, elles sont un marqueur identitaire fort ; pourtant, personne ne les voit ou ne veut les voir. Moi-même, j’habite dans une ancienne maison de mineur et pour moi, ce lavoir à charbon est une fierté. Je montre à tous les amis qui me rendent visite ce lieu intriguant, qui a le charme de l’architecture industrielle. Immense, ses reflets dans le canal le rendent plus imposant encore. Il attire l’œil, irrésistiblement : sur le pont depuis lequel on l’aperçoit, les voitures ralentissent ou s’arrêtent toujours pour l’observer, bien qu’aucun panneau ne les renseigne sur sa fonction. Pour moi, le lavoir gagne de la beauté lorsqu’on sait pourquoi il est là. »

(Montceau-les-Mines, Saône-et-Loire, 71)

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Le jardin Darcy, Côte-d’Or

« Ce jardin est l’un de mes endroits préférés de photographie. A la base, je suis sportif, au niveau national ; avec le confinement qui empêche le sport, j’ai repris la photographie de façon intensive. Ce jardin offre des possibilités infinies de photographie. Ce que j’aime faire, c’est jouer sur les angles et les perspectives pour faire redécouvrir la ville aux habitants. Et ce jardin s’y prête à merveille, offrant des vues différentes sur les arbres, la fontaine, le bassin de pierre et la sculpture de l’ours de François Pompon, auxquels s’ajoutent les variations des lumières et des saisons. Parfois, avec un groupe de photographes locaux, on choisit un lieu particulier du jardin sur lequel tous se concentrent ; à la fin, chacun obtient un résultat différent. Cet hiver, j’ai terminé deuxième d’un concours de photographie avec une photographie prise dans ce jardin, de la sculpture de l’ours sous la neige. Je trouve cette œuvre élégante ; selon l’angle, on a l’impression que l’ours est en mouvement et s’apprête à sortir du jardin. La photographie permet de lui donner vie. Situé au cœur de la ville, ce jardin est un lieu emblématique de Dijon. Moi qui connaît bien New-York, c’est un peu comme un Central Park à taille humaine. Il accueille les enfants qui jouent, les étudiants qui révisent, les amis, les amoureux… J’y ai des souvenirs de sandwichs pendant les pauses au lycée et de révisions de mon bac ; aujourd’hui, c’est mon fils que j’y emmène jouer les jours de soleil lorsqu’il sort de l’école. Souvent, lorsque je le dépose le matin, je fais un détour par ici ; pas forcément pour y rester, mais simplement pour voir le jardin, le traverser. Il y a de ces lieux pour lesquels on a un coup de cœur, et c’est pour moi un besoin instinctif : mes pas m’y guident, inconsciemment parfois, et regarder l’endroit me met du baume au cœur pour le reste de la journée. »

– Denis

Square Darcy, Place Darcy, 21000 Dijon, Côte-d’Or
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La chapelle Saint-Félix, Yonne

« C’est un endroit qu’on ne peut trouver à moins de le connaître. Les voitures n’y accèdent pas : depuis la route, il faut s’enfoncer, parés de bottes, sur les chemins boueux de la forêt. Soudain, dans les bois noirs une clairière s’ouvre, remplie de lumière, avec une minuscule chapelle posée tel un bijou dans un écrin de verdure. Elle semble sortir d’un conte de fées, cette chapelle dessinée sur son lit d’herbes, avec sa grande porte, ses petites fenêtres, sa tourelle, et ses murs de pierre où le soleil à travers les feuilles fait naître des vagues. On tombe alors immédiatement sous son charme. Puis on pousse la porte – et là tout change. La chapelle fut bâtie au nom de Félix, un enfant du village martyrisé par des barbares. Elle est dédiée aux enfants maltraités, un sujet lourd, dans un espace au poids très fort. Sur le mur est une peinture sombre, dans la tradition des peintures murales de Puisaye, dans des couleurs ocres typiques de la région. Elle représente l’enfant martyre surplombant des corps décharnés sombrant dans un abysse rouge. Captivante et triste, elle me rappelle les danses macabres visibles dans les églises de la région. Sur le petit autel sont posés des papiers ; des mots et des lettres écrits à des enfants aimés et disparus. C’est assez étonnant, la première fois – et puis on comprend. C’est un lieu qui renferme beaucoup de peine et de souvenirs douloureux, auxquels les gens s’accrochent dans le souvenir d’enfants qu’ils ont connus. Ces simples morceaux de papier rendent cette chapelle singulièrement différente des églises classiques, en plongeant le visiteur dans un sentiment de tristesse qui fait presque partie de l’expérience, du contraste du lieu. Régulièrement, des balades partent du village, comme de petits pèlerinages vers la chapelle. Tout le monde s’y rassemble, autour d’un café chaud, pour prier et se recueillir. Je trouve ça très beau, que cette chapelle perdue dans les bois de Puisaye crée des liens entre les habitants ; et qu’il y ait, au fond des bois obscurs, quelque chose de mystérieux et de rassembleur. »

(Merry-la-Vallée, Yonne, 89)

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Le lavoir de Marandin, Saône-et-Loire

« Depuis mon enfance, j’ai toujours vu ce lavoir. Ma grand-mère y lavait son linge. Moi-même, étant agriculteur, je passais tous les jours devant pour rejoindre l’exploitation familiale qui se trouve juste à côté. C’est un lavoir construit par ajouts progressifs, entre le 17ème et le 20ème siècles, en ce qu’on appelle des pierres blanches ; autrefois, tandis que le village voisin produisait des pierres roses, il y avait dans notre village des carrières de pierres blanches. Le village rassemblait de nombreux tailleurs de pierres et compagnons ; leurs ouvrages étaient utilisés jusque dans la ville voisine de Tournus, et même dans certains bâtiments de Lyon ! Aujourd’hui, on aperçoit encore parfois des signes compagnonniques gravés sur certaines maisons et dans le cimetière du village. Les compagnons avaient une façon particulière d’assembler les pierres, et elle a marqué l’architecture de ce lavoir de son empreinte unique. Le lavoir possède un grand bassin en pierre, que je trouve beau, avec une toiture voûtée, ce qui est très rare. Cependant, alors que je passais tous les jours devant, je voyais les ronces et le lierre qui l’envahissait jusqu’à le couvrir. Notre village, comme tous les villages, possède son église, son lavoir, sa croix et son four à pain, et je trouvais ça dommage de laisser tomber en ruine ce petit patrimoine qui le caractérise. Alors j’ai décidé d’agir, avec d’autres habitants – et nous avons restauré le lavoir nous-mêmes ; nous avons brossé les tuiles, fait la maçonnerie et rétablit la toiture. Ce projet, concret et avec du bon sens, a reçu un bel écho autour de nous. Aujourd’hui le lavoir est un lieu important pour le cadre de vie local : situé au bord d’une route, c’est là que l’on se promène ; c’est aussi un lieu où on vit, où on joue, et où on apprend à se connaître. Ce lavoir, c’est un petit patrimoine, et c’est une aventure humaine ! »

(Lacrost, Saône-et-Loire, 71)

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Le château de Lugny, Saône-et-Loire

« Ce château, je m’y suis toujours intéressé. Un château est souvent emblématique de l’histoire d’un village – comme le serait une église. Ce fut un beau château ; avec ses tours plongeant dans des fossés inondés, il devait avoir quelque chose d’impressionnant – surtout qu’il fut bâti au fond d’une vallée, au pied d’une colline, d’où un donjon particulièrement haut. Les seigneurs qui s’y succédèrent jusqu’au 16ème siècle portaient le nom du village, et leur blason figure encore à plusieurs endroits de la commune. Mes ancêtres habitant le village depuis quatre siècles au moins, j’ai pour ce château un attachement fort ; mais l’endroit m’intéresse aussi pour le sort funeste qu’il connut à la Révolution. C’était un château important, la propriété d’un seigneur baron parmi les plus puissants de la région ; la bourgade était plus développée que les villages voisins, et y vivaient de nombreux notables. Mais la Grande Peur arriva ; alors qu’une partie de la population courait de village en village pour investir les châteaux et rançonner nobles et curés, le nôtre fut incendié. Il est écrit qu’il brûla longtemps ; le haut donjon disparut dans le brasier, le logis seigneurial et les archives aussi. À la fin, ne restèrent que les tours d’entrée et les bâtiments des communs, à usages domestiques et agricoles. Aujourd’hui, ce sont des lieux chargés d’histoire… D’une part, il y a la période antérieure à 1789 – que l’on fantasme nécessairement, l’histoire étant incomplète et trop de choses ayant disparu. D’autre part, il y a l’histoire singulière qui suivit, lorsque les communs du château abritèrent la gendarmerie, puis la cure, et aujourd’hui… une école ! L’épisode de l’incendie, beaucoup de gens le connaissent aujourd’hui ; il laisse un sentiment diffus de destruction, mêlé de déception lorsqu’on songe à ce qui a pu être. En naît un sentiment partagé : nous sommes dans un pays où l’on se souleva pour davantage de libertés, mais cela coûta au village des pertes irréparables. Au titre patrimonial, cela m’attriste, je l’avoue ; mais au titre de l’histoire de France, j’en suis fier ! »

(Lugny, Saône-et-Loire, 71)

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Site gallo-romain de l’Écartelot, Côte-d’Or

« Mon mari était archéologue, moi biologiste naturelle. Le week-end, je l’accompagnais souvent dans ses fouilles ; un jour, en mission de sauvetage dans la région, un garde-forestier nous a prévenu de l’existence d’amas de pierres dans la forêt. Là, enfoui sous les arbres, nous avons découvert un site antique tombé dans l’oubli. À l’époque gallo-romaine, une grande route reliant Marseille à Londres passait par ici ; ce site n’était ni une ville ni un village mais l’équivalent d’une aire d’autoroute. Il y avait dans cette halte un temple où les voyageurs priaient Mercure. Nous y avons déterré beaucoup d’offrandes différentes ; certaines viennent de l’Est, d’autres du Morvan, ou encore de la Méditerranée. Je trouve ça très émouvant, car on peut s’imaginer les types d’individus qui circulèrent sur ces pierres. En 259, la foudre tomba sur le site ; on en déduisit que les dieux voulaient qu’on l’abandonne et les bâtiments commencèrent à s’effondrer. Aujourd’hui, c’est un endroit aux sensations particulières ; on s’y sent différent, plus libre, apaisé. Beaucoup le ressentent, d’autres non. Un matin, j’ai trouvé un homme couché dans le temple sous une couverture ; il a expliqué qu’il vient y dormir lorsqu’il a besoin de se ressourcer. J’ai assisté à beaucoup de phénomènes similaires : des enfants qui s’arrêtent soudainement de crier, une sourde-muette qui écrit sa plénitude, un pendule qui s’affole, des moines qui retrouvent l’atmosphère de leur abbaye ; j’y ai moi-même un jour reçu une décharge électrique. Mais rien de tout ça n’est mystique : le temple est construit sur une faille terrestre où coule de l’eau, ce qui entraîne des perturbations géophysiques, notamment une force de gravité légèrement différente. Bien que l’explication soit purement rationnelle, l’atmosphère du site introduit un côté émotionnel très fort. Pour mon mari et moi, ces fouilles ont été un tournant dans nos vies. L’archéologie des weekends a laissé place à un dévouement entier au site : nous avons même déménagé afin de nous installer dans la région, et avons travaillé sur le site durant plusieurs années. Aujourd’hui, si je vis ici, c’est parce que cet endroit particulier s’y trouve. »

(Arcenant, Côte-d’Or, 21)

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L’église Saint-Jacques-le-Majeur, Yonne

« C’est d’abord un édifice très joli. C’est une église ancienne, romane, qui contraste avec le gothique flamboyant de la basilique voisine. À l’intérieur, certains bancs ont au moins 200 ans ; à l’époque, ils étaient décernés à certaines familles, dont la mienne, une ancienne famille du village. L’église se voit de très loin, de tous les secteurs du village, car elle est bâtie sur un mont qui domine les alentours ; le site est vraiment beau. Depuis le parvis, on aperçoit tout le paysage, les villages des environs, et, sur le mont d’en face, la basilique voisine apparaît dans la perspective. C’est féérique ! Les amis qui me rendent visite disent toujours leur admiration. J’aime aussi cette église parce qu’elle est le point de départ d’un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Pourtant, lorsqu’on parle du Chemin, on ne parle toujours que de la ville voisine et de sa basilique, et ça me chagrine beaucoup. Sa notoriété étouffe notre petit village, bâti au pied de la colline où elle se situe. Pourtant, le véritable départ du pèlerinage se situait à notre église ; elle contient d’ailleurs un buste de Saint-Jacques et, dans la rue où habite mon beau-père, rue de l’Église, on trouve encore des coquilles ! Je connais cette église depuis que je suis petit. Elle fut le lieu de tous les mariages et, plus tard, des enterrements ; pour moi, elle représente quelque chose au sein du village, parce que tous la côtoient à un moment de leur vie. Mais elle est abîmée. Il ne manque pas grand-chose pour la rafraîchir, et il faudrait prendre enfin le taureau par les cornes. En Corse, où je vais souvent, je trouve les églises phénoménales, avec leurs peintures restaurées et leurs structures entretenues, même pour de vieilles églises comme la mienne. Les Corses ont un savoir-vivre énorme ; on aurait envie d’entrer dans leurs églises en chaussons. C’est ça que je souhaite pour la mienne : lui redonner un air de fête ! »

(Asquins, Yonne, 89)

Copyright Michel Foucher (CC BY-SA 4.0)
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Les remparts de Semur, Côte-d’Or

« Les tours font partie du paysage de la ville. Dominant la vallée et la rivière, elles faisaient autrefois partie des remparts du château-fort ; avec leurs courtines, elles constituaient un donjon bâti au cœur de la ville, dont elles délimitent aujourd’hui la partie ancienne. Ces tours sont énormes et magnifiques. Au 16ème siècle, une charge explosa sur l’une d’elles et la fendit de haut en bas. Elle ne s’écroula pas pour autant, car ses murs sont épais de cinq ou six mètres à la base. Aujourd’hui c’est amusant, car en voyant cette fente dans la tour on craint toujours qu’elle s’écroule. Les courtines furent démolies sous Henri IV, alors il resta les tours. Quand on arrive par l’autoroute, on passe le rond-point et soudain les tours nous sautent à la figure. Ça impressionne toujours ; on se dit que ce n’est pas vrai, qu’on doit être au Moyen-Âge ! Mais la ville n’est pas pour autant immortalisée dans un folklore médiéval, au contraire : elle est toujours vivante, et tire sa qualité de sa diversité. Chacune des quatre tours a sa propre identité aujourd’hui. La tour de l’Orle d’Or est le siège d’une société savante ; la tour de la Géhenne accueille des concerts de jazz, l’été ; et la tour Margot est adossée à un petit théâtre, un bijou du 19ème siècle. Quand on passe derrière la scène, dans le foyer, on arrive directement dans la tour, qui accueille la loge des comédiens ! C’est une ville qui suscite la passion de ceux qui l’habitent. C’est une ville qui se déguste, une ville magnifique, sur un site incroyable dans une boucle de la rivière ; un piton de granit en plein pays calcaire. Normalement, quand on visite des lieux historiques, on se demande si des gens y habitent. Ici, le soir, quand on rentre chez soi et qu’on passe devant les tours des remparts, on soupire en se disant qu’on a de la chance, et on s’émerveille d’habiter dans un endroit pareil.  »

(Semur-en-Auxois, Côte-d’Or, 21)